08 - Le vieux cimetière

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Germain

« Le vieux cimetière, qui abrite les restes de dizaines de générations sibretoises, sépare la route de Villeroux de celle vers le bas du village. Au vu des trous, il semble que le lieu ait également souffert lors de la bataille. Je n’y trouve pas beaucoup d’interlocuteurs pour me renseigner. Prenant à gauche, je découvre les restes d’un tank allemand en contrebas des ruines de la ferme Maréchal. Je ne m’y attarde pas et prends le chemin de traverse en passant devant la maison du fermier Burgraff. »

Jeanne et Denise Raths rejoignent leur parenté Stoffel le 26 chez Wuidart (aujourd’hui chez Paquay au carrefour) et y passent la nuit. Le lendemain, c’est un déferlement de bombes. La maison voisine de Félicie Raths (Meurisse au carrefour) est détruite. La terre tremble… Jeanne est prise de panique, sort de la cave avec Denise, emporte pour le protéger le petit Richard Stoffel, âgé de quelques mois. Le bombardement est tellement intense que le trio se couche derrière une haie, traverse les pâtures, pensant se rendre chez le doyen (au presbytère), contourne les ruines fumantes de chez Maréchal (Charly Pierret, à côté du vieux cimetière) quand un obus tombe dans le vieux cimetière. Une pierre blesse Denise : elle a le coude droit cassé et un genou abimé. L’attaque aérienne terminée, le trio remonte le village. Jeanne remet Richard à ses parents ; elle-même et Denise rejoignent leur cave (à l’ancien magasin Raths) le 27 dans l’après-midi. Elles sont accueillies avec soulagement et peuvent raconter leur équipée. Denise sera soignée sommairement par la Croix-Rouge américaine chez Nélis (anciennement Nélis-Fortmaison rue de Sugy) ; elle garde une déformation du bras. 

L’inauguration du monument aux morts eut lieu le 17 novembre 1946. Quarante-deux habitants de la commune de Sibret ont été fauchés par la dernière guerre, dont dix pour le village de Sibret, dix-huit pour Chenogne, sept pour Senonchamps, Deux pour Villeroux, cinq pour Poisson-Moulin. C’est à leur mémoire qu’a été érigé un monument, à la mémoire aussi des douze démineurs tués en service en Ardenne, dont quatre à Sibret.

(Source: « La Mémoire de Sibret » – Linda Robert – 2003)

 « Après la fin des conflits, certaines personnalités nationales importantes (gouvernement, parlement) se rendent dans les régions touchées par les combats pour écouter les sinistrés et pour, dans certains cas, leur venir en aide. Le 28 juin 1945, la reine Elisabeth se rend à Sibret. Les anciens du village racontent qu’elle est arrivée un jour de mariage (Il s’agit de celui de Juliette Pékus et Evence Gillet d’Amberloup). Aucun habitant ne lui avait préparé de bouquet de fleurs et la mariée lui a alors offert le sien ».

(Source: « La bataille des Ardennes, la vie brisée des sinistrés » – Matthieu Billa – 2015)

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