12 - Le carrefour

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Germain

« Tout n’est que désastre. Les ruines du café du frère et de la sœur Meurisse ne me sont d’aucun intérêt. En face, les ruines de la maison du juge qui était autrefois la résidence du juge de Paix de Sibret ne m’aident pas plus. J’apprends par un boucher, Armand Georges que ses caves voutées ont abrité beaucoup de réfugiés pendant la bataille. Les maisons proches ont toutes été abimées par les combats. Il vient juste de rentrer de captivité et ne peut me renseigner sur ma sœur. Suivant les conseils de Mme Sonnet, je me dirige vers Jodenville et passe devant les ruines d’une maison devant laquelle un homme remblaie un énorme trou de bombe. Peut-être pourra-t-il me renseigner ? »

Les Georges tenaient un abattoir et une boucherie. Ils avaient également quelques bœufs. Pendant la guerre, le père de famille, Armand Georges, est fait prisonnier en Allemagne. Peu à peu, Marie Marchal, son épouse, voit le danger arriver pour elle et ses enfants. Les Américains sont installés dans leur jardin et préparent leur défense. Ils ont aménagé une sorte de petite cuisine dans une tente et fournissent à la famille Georges du pain et du chocolat. Quelques jours avant de quitter Sibret, la famille voit un tank traverser tout le village en venant de Villeroux et en allant vers Jodenville et détruisant tout sur son passage : haies, arbres… Pour Marie Marchal, il est temps de penser à partir, d’autant plus que, dans une lettre, son mari lui a conseillé de s’enfuir, avec ses enfants à Libin, village d’origine du couple.

(Source: Guy Geroges)

La majorité des voisins viennent s’abriter dans la cave de la maison Wuidart. Elle sera détruite le 27.

(Source: « La Mémoire de Sibret » – Linda Robert – 2003)

Le 23, les demoiselles Marie et Jeanne Latour et les familles des gendarmes habitant la gendarmerie (Grand-Route) viennent hâtivement demander abri chez Renson, car les Allemands les ont expulsés pour établir chez Latour leur quartier général. Le 25, tout le monde quitte les caves de peur d’être ensevelis. Certains se dirigent vers Belleau, les Latour et les Renson vont à Chisogne. Ils rentreront le soir du 6 janvier pour constater que leurs maisons sont toutes deux incendiées.

(Source: « La Mémoire de Sibret » – Linda Robert – 2003)

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