05 - La forge Raths

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Germain

« Le bruit est assourdissant. La chaleur est infernale. Hector Raths, le forgeron, est occupé à battre son fer. Décidément, les Sibretois sont bien sympathiques car il s’arrête en m’apercevant et me reçoit très gentiment. Tout en allumant une cigarette, il confirme mes craintes : Céline n’est pas passée par là. Il me conseille d’aller voir du côté du « château Lonchay » dont les caves ont servi de refuge à bon nombre d’habitants durant la bataille. Le bâtiment  a été bombardé le matin du jour de Noël. Peut-être pourra-t-on me renseigner ? Je le laisse à son travail et continue mon périple. »

C’est la maison d’Hector Raths avec sa forge à coté de laquelle se trouve le petit atelier de son frère Fernand qui est mécanicien de vélo et moto et électricien.

(source: Claude Guillaume)

Au cours des bombardements, ils furent parfois rejoints par des Allemands de passage ou l’un ou l’autre voisin, venu nourrir son bétail, surpris par les déflagrations, qui vient s’abriter ou vient aux nouvelles tout simplement. Le 21, vers le soir, Hector se rase à la cuisine, où il est seul. Une chenillette conduite par des Allemands s’arrête dans la cour et le chauffeur embarque Hector, soi-disant pour montrer la route, alors que cette chenillette était précédée d’un petit tank connaissant l’itinéraire.

A Lavaselle, Joseph Pierret est sommé d’accompagner. Arrêt au croisement de la route de Chenogne, examen de celle-ci pour repérer des traces de véhicules sans doute, puis direction de Laval. Le convoi s’arrête à Gérimont, fait demi-tour et dépose les deux « otages » devant la ferme Pierret à Lavaselle. Hector, qui porte des snow-boots américaines pour protéger ses chaussures, les enlève subrepticement, les jette par-dessus une haie et rentre à Sibret vers une ou deux heures du matin. Grand soulagement. La famille est rassurée. Le 26 vers le soir, un obus détruit le hangar à paille situé devant la forge ; la corniche du corps de logis commence à bruler. Les hommes l’arrachent, le danger est écarté.La maison Raths restera habitable : elle accueillera la famille Gaspard de Chenogne : les parents et 5 enfants, Francine, la petite sixième nait chez Raths en janvier.

(source: « La mémoire de Sibret » – Linda Robert – 2003)

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