
Germain
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Germain
« L’homme m’apprend que cette maison appartient à une certaine Bertha Martin qui avait recueilli une « enfant de la ville ». La maison a été pratiquement détruite mais ses habitants sont saufs.
« D’jê idée k’vos deurîz n’allèr amon Hèctor Raths. I gn’è brâmin dès djins do viyadje qui y ant stî ras’trindus après l’ofansive.Vosse seûr l’èst motwa stî ossu. C’èst’ âji à trouvu, vos n’sârî djà v’trompèr. C’èst la fôdje qui s’troûve kâï an face do monumint âs mwarts. I gnè todi dès ustèyes su lu d’vant d’huche.»
(Peut-être devriez-vous allez jusque chez Hector Raths. Beaucoup de villageois y ont été recueillis après l’offensive. Votre sœur y a peut-être trouvé refuge ? C’est facile. C’est la maison juste en face du monument. Il y a toujours de l’outillage en façade.)
Je m’y rends sans tarder. L’espoir renaît. »
C’est dans cette maison qu’Yvette Vlieg vit depuis avril 1944. Elle ne rentre pas chez elle, reste chez « Marraine » et y passe donc les événements. C’est cette même fille qui est allée, avec sa marraine, se réfugier à la gare après la bataille.
(source: « La mémoire de Sibret » – Linda Robert – 2003)
Le 21 dans la matinée, les Allemands sont rentrés dans la maison. La table était dressée pour déjeuner, ils nous ont fait manger les tartines de confiture, puis se sont mis à table et ont mangé à leur tour. Avaient-ils peur d’être empoisonnés ? La maison a été occupée par les Allemands. Nous nous réfugions à la cave et Norbert Poncin, notre voisin, venait souvent ; il a passé certaines nuits avec nous car nous n’étions pas à l’aise avec tous ces soldats. De plus, une DCA était dissimulée dans la grange. Notre maison a été détruite le 27 mais le 26, nous sommes allées chez l’instituteur Guillaume (ancienne école des garçons) où il y eut un début d’incendie. Après la libération de Sibret, un terrain d’atterrissage pour les coucous (petits avions de reconnaissance) a été établi dans la prairie à côté de nos ruines. Le génie avait installé une espèce de tapis de sol pour la piste ; un avion n’ayant pas bien pris son envol s’est emberlificoté dans la haie et les fils. Il y est resté jusqu’à ce que les ferrailleurs viennent le démanteler. Nous avons trouvé refuge chez Fery, à la gare, en attendant qu’un baraquement soit mis à notre disposition, à côté de ce qui restait de nos murs
Yvette Vlieg
(Source : « La Mémoire de Sibret » – Linda Robert – 2003)
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